Les droits de propriété intellectuelle ont des implications particulièrement importantes dans le cadre de l'utilisation des ressources génétiques :
l'activité inventive est essentielle pour identifier et exploiter l'intérêt de ces ressources pour l'agriculture, l'industrie ou la santé ;
le résultat de cette activité inventive est souvent lui-même une ressource génétique (en sélection pour l'alimentation et l'agriculture notamment), facilement reproductible ;
la poursuite des progrès scientifiques, notamment en génétique, doit pouvoir s'appuyer sur la diffusion des résultats de recherche-développement.
Les Accords ADPIC (Accord relatif aux Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce) identifient 7 grands types de propriété intellectuelle, dont deux s'imposent particulièrement aux Etats membres de l'OMC pour l'utilisation des ressources génétiques : le brevet et la protection des obtentions végétales.
Le brevet s'applique à toute invention remplissant trois critères : nouveauté, activité inventive et application industrielle. En Europe, le droit relatif au brevet est défini par la Convention sur le Brevet Européen et, dans l'UE, par la Directive sur la protection juridique des inventions biotechnologiques.
Le Certificat d'Obtention Végétale (COV) repose sur quatre critères : nouveauté, distinction, homogénéité et stabilité. Deux différences majeures le distinguent du brevet : « l'exemption du sélectionneur » et le « privilège de l'agriculteur ».
"l'exemption du sélectionneur » permet d'utiliser librement et gratuitement les variétés protégées « aux fins de la création de nouvelles variétés" ;
le "privilège de l'agriculteur » permet aux « agriculteurs d'utiliser, à des fins de reproduction sur leur propre exploitation, le produit de la récolte qu'ils ont obtenu par la mise en culture, sur leur propre exploitation, de la variété protégée", et ce sous la juridiction des Etats qui le souhaitent, dans les conditions définies par la loi. Le COV est régi par les législations nationales adoptées par les Etats parties à la Convention pour la Protection des Obtentions Végétales (dite convention UPOV).
Un troisième type de droits, regroupés sous le terme "d' indications géographiques", est fréquemment associé aux produits issus de l'utilisation des ressources génétiques, notamment lorsqu'ils mettent en jeu des connaissances traditionnelles ou collectives, comme dans le cas de nombreux produits de terroirs.